La voiture électrique ne va pas tarder à s’imposer.

Les constructeurs automobiles sont aux prises avec des défis majeurs. L'Europe leur impose des normes toujours plus strictes pour les émissions de CO2 des nouveaux véhicules. Comment un groupe automobile tel PSA fait-il face ?

Responsable de la transition énergétique chez PSA (constructeur qui englobe les marques Opel, Citroën, DS et Peugeot), Denis Mulders a la mission de veiller à la réalisation des objectifs européens en matière de CO2. De plus, il coordonne la transition électrique et tout ce qui s'y rapporte. Il était donc l’interlocuteur idéal pour répondre à nos questions sur la mobilité électrique.

Où en êtes-vous dans la concrétisation de vos objectifs CO2 ?

« PSA est optimiste. La tâche n’est pas aisée : l'Europe a attelé la charrue avant les bœufs en ce qui concerne ces objectifs et leur calendrier. Cependant, nous avons mis au point de nombreuses innovations techniques, tant pour les moteurs à combustion que pour les voitures électriques. Nous sommes donc convaincus de pouvoir atteindre les objectifs. »

Certains conducteurs sont réticents à franchir le pas vers une voiture électrique, notamment parce qu'ils ne sont pas encore familiarisés avec la recharge. Comment Opel accompagne-t-elle ses clients dans cette transition ?

« Beaucoup sont dubitatifs par rapport à l'infrastructure de recharge dans l’espace public, qui est encore relativement peu développée en Belgique pour l’instant. Il est évidemment capital de disposer de capacités de recharge étendues en cas de besoin. Un développement de l'infrastructure de recharge est donc à l’ordre du jour. 90 % des recharges s’effectuent à domicile ou au travail. Pour la recharge à domicile, nous proposons une excellente solution, en collaboration avec un partenaire. Ce dernier procède à un diagnostic chez le client et suggère une solution de recharge adaptée. Il propose aussi des solutions similaires aux entreprises.

Néanmoins, la recharge ne devrait pas vraiment poser problème. Selon la nouvelle norme WLTP, nos véhicules ont une autonomie de plus de 300 kilomètres. Quand on sait qu'un conducteur lambda parcourt à peine cinquante kilomètres par jour, une recharge par semaine est amplement suffisante. Si l'on est adepte des longs trajets, mieux vaut privilégier un véhicule hybride. »

Quels services Opel a-t-elle mis au point à l’intention des conducteurs de voitures électriques ?

« Une conduite électrique agréable : tel est le credo. Pour ce faire, nous proposons quatre services. Premièrement, il y a le Charging Pass avec lequel un conducteur peut activer une borne de recharge publique. Nous travaillons avec un partenaire qui dispose d'un large réseau de bornes de recharge dans toute l'Europe, y compris en Belgique et dans les pays voisins. L'appli Trip Planner, qui y est connectée, permet de planifier un long trajet en visualisant toutes les bornes de recharge compatibles sur l'itinéraire.

Deuxièmement, il y a l’E-Remote Control de l'appli myOpel, d’ores et déjà disponible. Il permet de contrôler l'état de la batterie, de lancer ou d’arrêter une recharge et de régler à distance la climatisation pour commencer à chauffer l’habitacle pendant la recharge. C'est mieux pour la batterie. Troisièmement, nous avons le Mobility Pass destiné aux conducteurs de voitures 100 % électriques. Il permet de louer une voiture à essence ou diesel à un tarif réduit quand on doit parcourir de longues distances, par exemple pour partir en vacances.

Enfin, il y a la Smart Wallbox, qui mesure la quantité d'électricité consommée pour pouvoir rendre des notes de frais, par exemple. À terme, vous pourrez même faire facturer l'électricité directement à votre employeur pour ne plus avoir à avancer la somme. »



La nouvelle Corsa est disponible en motorisation essence, diesel ou électrique. Quelle version va se vendre le mieux selon vous ?

« Nous avons des projets ambitieux pour la version électrique. Notre intention est de vendre nettement plus de véhicules électriques que la part de marché actuelle de 1,5 %. Nous proposons aussi un modèle diesel, car la Corsa est souvent utilisée comme voiture de société. Pour les adeptes des trajets plus longs, la motorisation diesel reste plus intéressante. Il faut battre en brèche cette idée reçue que les diesels sont très polluants. Ce n'est plus du tout vrai pour les moteurs diesel modernes. La variante essence est une bonne option pour une utilisation intermédiaire et si l'on ne dispose pas d'une solution de recharge à la maison ou au travail. »

Qu’est-ce que l’État pourrait encore faire de plus pour encourager la conduite électrique en Belgique ?

« Beaucoup de choses ! Aujourd'hui, l'État se cantonne à une fiscalité avantageuse, mais les différences de taxe de circulation ne suffisent pas à compenser le prix forcément plus élevé d'une voiture électrique.

Il faut avant tout une stratégie clairement définie à long terme, de préférence coordonnée entre régions, pour harmoniser les règles. Il faut aussi stimuler l'infrastructure de recharge publique. Enfin, une prime serait la bienvenue pour compenser le prix d'achat plus élevé, tant pour les particuliers que pour les entreprises. C'est le cas dans les pays où la voiture électrique connaît un grand engouement, comme les Pays-Bas, la Norvège et la France. Sans primes, l'État ne peut pas escompter que la voiture électrique fasse une percée. La décision récente de la Flandre de supprimer la prime à l'achat fait exactement le contraire. À en croire la ministre flamande de l'Environnement Zuhal Demir (N-VA) et l'ancien informateur fédéral Paul Magnette (PS), les voitures de société ne devraient plus être qu'électriques. Ce genre de déclaration sème le doute et la confusion. Qu'ils proposent des plans concrets ! »

Quand la voiture électrique va-t-elle selon vous s’imposer ?

« Aujourd'hui ! Le Salon de l'auto 2020 sera placé sous le signe de l’électrique, chez PSA évidemment, mais aussi chez d'autres marques. Tous les grands constructeurs lancent des modèles électriques ou hybrides rechargeables. L’offre va donc exploser. Par conséquent, la demande va naturellement progresser. »

La motorisation électrique est-elle également intéressante pour le segment des utilitaires ?

« Absolument, mais tout dépend de la façon dont ils sont utilisés. Certains parcourent de longues distances. La version électrique est donc moins intéressante. Par contre, pour de courts trajets de max. 200 kilomètres par jour, l’électrique est tout à fait envisageable. Opel lance d'ailleurs une version électrique du Vivaro cette année. »

Comment s'annoncent les prochaines années ?

« Opel entend proposer une version électrique ou hybride rechargeable de chaque modèle de sa gamme à l’horizon 2024. En 2020, il y aura certainement un modèle tout électrique, successeur du Mokka X. »


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